Trois points indispensables à connaître avant d’acheter des baguettes

Lorsqu’on aime la cuisine japonaise et qu’on va souvent dans les restaurants asiatiques, il y a un incontournable : les baguettes (hashi – 箸 /はし) ! Au restaurant, c’est toujours un peu le même modèle : les baguettes en bois jetables ou le modèle lavable en plastique couleur blanc cassé, avec un dragon et un phénix dessinés dessus. Mais si vous aimez manger asiatique, le mieux reste d’avoir vos propres baguettes pour la maison ! Oui, mais comment les choisir ? Il existe tellement de modèles ! Voici 3 points à vérifier pour avoir la paire qu’il vous faut !

Baguettes

1 – La matière

C’est le premier point à regarder. Les matières possibles sont les suivantes : le bois brut, le plastique, le bois verni, et parfois le métal. Les baguettes en bois brute sont très belles et solides, mais l’inconvénient c’est qu’il est difficile de les laver au lave-vaisselle et ce n’est pas le matériau le plus hygiénique (des bactéries peuvent s’infiltrer dans le bois qui est poreux).

Le plastique est le plus pratique, facile d’entretien, solide, il a cependant un inconvénient : la nourriture s’attache moins bien aux baguettes qu’avec une paire en bois. Il faut également éviter les plastiques contenant du Bisphénol A et des Phtalates.

Le bois verni a ma préférence. Il a les avantages du bois : solide, la nourriture s’y attache bien, le verni protège le bois et ne le rend plus poreux. C’est très joli, mais il faut faire attention lors de l’entretien, pour que le verni ne s’écaille pas. Ce type de baguettes ne peut pas non plus passer au lave-vaisselle, du moins je le déconseille. Il faut également éviter d’utiliser des éponges trop décapantes qui enlèveraient le verni.

Le métal est le matériau que j’aime le moins. C’est surtout en Asie du Sud-Est et en Corée que ce genre de baguette est utilisé. On peut parfois en trouver en épiceries coréennes. Ce sont des baguettes lourdes, la nourriture ne s’y attache pas bien, et il faut trouver des baguettes en métal non oxydable. Je déconseille.

2- La forme

Ici c’est surtout le bout de la baguette qui va toucher la nourriture qui nous intéresse. Vous pouvez avoir des baguettes lisses, plates, crantées, à bout fin, rond ou carré.

Le top du top pour moi est la baguette fine crantée. Elle permet de bien attraper la nourriture grâce à sa finesse, et les crans permettent à la nourriture de ne pas tomber de vos baguettes une fois attrapée. Ensuite je conseille la baguette fine lisse. Le plus petit aliment, type grain de riz, peut s’attraper sans difficulté.

Les baguettes plates, par contre, sont à éviter. Ce sont les baguettes coréennes qui ont cette forme. Je n’aime pas beaucoup car je trouve que les aliments sont difficiles à saisir, sans compter que ce sont souvent des baguettes en métal, très lourdes.

Vous l’aurez compris, ma préférence va aux baguettes fines pour leur précision. Il existe également des baguettes  à bout rond ou carré, souvent en plastique. Je trouve qu’il est plus difficile d’attraper de tout petit aliment avec ce type de baguettes, en particulier avec celles ayant le bout carré. Par contre, cela conviendra si vous êtes déjà doué avec des baguettes ou si vous devez saisir de gros aliments.

3- Les décorations

Là c’est chacun ses goûts. Mais en la matière tout est possible, il existe des millions de modèles ! Cependant, un point est souvent oublié quand on choisit sa paire de baguettes : l’entretien ! En effet, en fonction des décorations et des matériaux, cela va totalement changer votre façon de nettoyer vos baguettes.

Si vos baguettes sont vernies, peintes,  pailletées ou nacrées,  éviter le lave-vaisselle. Cela risque de ternir les couleurs ou même d’effacer les motifs ! Laver les rapidement à l’eau chaude avec une éponge douce, sans trempage, et laisser sécher dans un pot prévu à cet effet, ou dans un verre, pointe de la baguette vers le bas.

Si vos  baguettes sont gravées, pas de problème, surtout si elles sont en plastique. Elles passeront au lave-vaisselle sans danger.

Vous connaissez maintenant les 3 points pour acheter la paire de baguettes parfaites. Vous ne savez pas vous en servir ? Aucun problème, abonnez-vous à la newsletter pour bénéficier de l’article inédit sur l’apprentissage facile de l’utilisation des baguettes !

8 conseils pour manger correctement des sushis

Les sushi : un sacré carton culinaire en France. On ne compte plus le nombre de restaurants qui vendent ces petites portions de riz couvertes d’une tranche de poisson, qu’on appelle au Japon nigiri-zushi. Mais le sushi n’est pas un plat très bien connu finalement. Les restaurants ne sont pas souvent tenus par des chefs japonais, et on vous explique rarement l’art et la manière de déguster un sushi. Voici donc tout ce que vous devez savoir pour maîtriser l’art de la dégustation de ce met japonais.

sushi

1-Mission mains propres !

On vous servira souvent une petite serviette pour vous laver les mains avant le repas. Il s’agit d’un o-shibori (おしぼり). La serviette est roulée, chaude, et servie dans une petite coupelle. Elle ne sert que pour se laver les mains. Vous ne devez pas vous essuyez la nuque ou le visage avec. Une fois que vos mains sont propres, repliez la avec soin dans la coupelle.

2- Avec les doigts ou les baguettes ?

Vous ne le savez pas mais… vous avez le choix ! Un sushi peut se manger avec des baguettes, plus technique, ou avec les doigts, qui est la méthode des connaisseurs. Attention, un sashimi (juste la lamelle de poisson cru) ne se consomme qu’avec des baguettes.Que ce soit avec les doigts ou les baguettes, vous pouvez manger votre sushi en une seule fois ou en plusieurs.

3- A ne pas faire avec ses baguettes

Si vous optez pour des baguettes, voici les règles à respecter :

  • Ne pas défaire son sushi avec les baguettes
  • Ne pas les piquer dans le sushi
  • Ne pas les lécher
  • Ne pas jouer avec
  • Si on ne s’en sert pas, poser ses baguettes sur le repose-baguette, ou en travers de votre plat ou sur le rebord de votre coupelle à sauce
  • Ne pas servir son voisin avec des baguettes, mais tendre le plat pour qu’il se serve
  • Ne pas frotter ses baguettes pour enlever des aliments
  • Ne pas mélanger sa soupe miso avec
  • Ne pas faire de grand geste lorsqu’on a les baguettes à la main
  • Ne pas pointer quelque chose avec ses baguettes
  • Ne pas parler avec ses baguettes à la main
  • Si vous devez vous servir dans un plat commun, utiliser l’extrémité des baguettes que vous tenez normalement dans votre main, plutôt que l’extrémité que vous mettez dans votre bouche.

4- Maîtriser les condiments

On vous servira vos sushis avec  2 condiments : du wasabi (山葵 – prononcez wassabi) et du gingembre vinaigré appelé gari (がり).

Habituellement, dans un vrai restaurant à sushi, on ne vous donne pas de wasabi, car c’est le chef qui assaisonne le sushi pour vous. Le wasabi est normalement utilisé pour souder la lamelle de poisson à la boulette de riz. C’est rarement le cas en France, où l’on trouve le wasabi trop fort. On le laisse donc à disposition des clients pour qu’ils fassent leur propre assaisonnement. Il faut également savoir que le vrai wasabi est jaune, et non vert. Des colorants sont rajoutés pour donner cette couleur vert clair, qui est plus appétissante que le vrai wasabi de couleur jaune, tirant vers le ocre. Le wasabi se met sur votre lamelle de poisson ou à diluer dans votre sauce soja.

Pour le gari, il ne sert qu’à une seule chose : on ne le consomme qu’entre deux sushis. Son goût très fort permet d’enlever le goût du sushi qu’on vient de consommer pour mieux apprécier le suivant. Autant dire que si vous recouvrez votre sushi de lamelles de gari, vous gâchez complètement votre sushi. Il faut également noter qu’historiquement, le gari permettait de se désinfecter la bouche et éviter de tomber malade en cas de poisson peu frais.

5- Préparer sa sauce soja

Je vais détruire un mythe, mais dans un restaurant à sushi, la sauce soja sucrée…cela n’existe pas ! Ce sont les restaurants qui achètent de la sauce soja classique, et rajoutent sucre et sirop pour lui donner un goût sucré apprécié des européens. Un sushi ne se consomme qu’avec de la sauce soja salé appelé shôyu (醤油). Au moment de se servir en shôyu, il ne faut pas remplir à ras bord votre coupelle. Pendant longtemps ce condiment était rare et cher. On en met donc très très peu dans sa coupelle. Si besoin, il faut se resservir. La coupelle se place ensuite devant le plat de sushi, pour éviter de mettre des gouttelettes de sauce partout sur la table, ou pour ne pas tremper les sushi sur son plateau par la même occasion.

6- Tremper son sushi dans la sauce soja

Si vous voulez être un vrai expert, vous devez normalement commencer par consommer les sushi fait à partir de poisson blanc, puis les poissons à chaire rouge, puis les poissons à peau brillante, mais cela n’a rien d’une obligation. Il faut ensuite tremper son sushi côté poisson… toujours ! Si vous trempez le côté riz, votre sushi ne va pas tenir et se défaire dans votre coupelle, qui sera souillée en même temps. Et on ne défait pas son sushi pour tremper le poisson d’un côté et replacer la tranche sur le riz après non plus ! C’est très mal poli vis-à-vis du chef. Pour votre information personnelle, un chef japonais s’appelle un itamae (板前).

Dernière astuce, si vous ne pouvez pas retourner votre sushi pour le tremper dans la sauce, s’il y a des œufs de poisson par exemple, vous pouvez utiliser une feuille de gari. Vous saisissez une feuille de gari avec vos baguettes, vous la trempez dans la sauce, et que vous utiliserez ensuite comme un pinceau pour assaisonner vos sushi.

7- Que boire avec des sushi ?

On ne boit pas de saké avec les sushi. Les deux éléments étant fait à base de riz, cela ne crée pas d’harmonie gustative. Par contre, vous pouvez boire du saké avec les sashimi. Le mieux avec des sushi reste le thé vert.

*Niveau étiquette, on ne se sert jamais soi même. Videz votre verre en entier si vous voulez être resservi, et laissez le plein si vous ne désirez plus boire quoi que ce soit. Mais ne dites jamais non, ou ne posez pas votre main sur le dessus de votre verre ou de votre tasse, cela offusquerait la personne qui voudrait vous servir.

Et si vous devez trinquer, dites “Kampai ! ” et surtout pas “Tchin Tchin” qui veut dire…pénis en japonais. Non, ceci n’est pas une blague ^^’

8- Et en accompagnement ?

Envie d’un bol de riz en plus et de brochettes ? Tout faux ! Les restaurants à yakitori et à sushi sont des restaurants séparés. Un restaurant vous proposant un menu mixte : brochettes/sushi ? Ce n’est donc pas un vrai restaurant à sushi. On ne consomme pas de riz non plus avec les sushi, car ceux-ci contiennent déjà du riz. Cela ferait trop pour un seul repas. Et par pitié, on ne verse pas de sauce, salé ou sucré sur du riz blanc. C’est une insulte faite au chef ou à la personne qui vous a préparé le riz.

Vous savez tout ! Bon appétit !戴きます(itadakimasu) !

Les bonnes manières : 5 choses à ne pas faire lorsqu’on est au Japon !

Vous vous souvenez de mon article sur le livre “NAAN DE ?! Les tribulations d’une Japonaise à Paris” contant les déboires d’une japonaise découvrant la France. Plusieurs comportements l’avaient choquée lors de son arrivée chez vous. Vous de votre côté, vous êtes surexcité à l’idée de partir au Japon, et votre séjour est pour bientôt. Et bien pour ne pas être traumatisé en arrivant là bas, et ne pas choquer les japonais que vous allez rencontrer, voici 5 choses à ne pas faire sur place !

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1- Planter ses baguettes à la verticale dans votre bol de riz

Un grand classique ! Vous êtes au restaurant en train de manger, et voilà que pour poser vos baguettes, vous ne trouvez rien de mieux que de les planter dans votre bol de riz blanc à la verticale. Et bien cela est très mal vu ! Planter ses baguettes ainsi rappelle les bâtons d’encens que l’on met dans les offrandes….aux morts. Inviter la mort à sa table n’est pas très recommandé dans un pays très superstitieux. Le mieux est de les poser sur un repose-baguette ou les poser jointes en travers de votre bol.

2- Se moucher en public

Les japonais ne sont pas très à l’aise avec les bruits corporels…dont se moucher. Là j’avoue j’ai un peu de mal, car au Japon, comme on ne peut pas se moucher dans les lieux publics, il est de bon ton de…renifler…en permanence. Un cauchemar en hiver quand vous avez droit à une symphonie de reniflements dans le métro. Si vous devez vous moucher, faites le aux toilettes ou de retour dans votre chambre d’hôtel. Oui je sais, ça va être dur pour ceux sensibles au rhume des foins.

3- Manger en marchant

Le repas est sacré au Japon. Autant vous avez toute une tradition du casse-croute à emporter avec soi (les fameux bento), autant il est mal poli de manger en marchant. Ne vous méprenez pas ! Les plats à emporter sont partout, mais pour pouvoir vous sustenter, vous bénéficiez d’un nombre incroyable de coins pique-nique et de parcs pour vous installer. Les séances shopping, un sandwich à la main, vous pouvez oublier., un repas se consomme assis.

4- Remplir sa coupelle à ras bord de sauce soja

Vous voulez déguster des sushis dans une petite échoppe et on vous sert une coupelle pour la sauce soja, du gingembre mariné et du wasabi pour faire votre préparation. Une fois la bouteille de sauce soja posée (醤油, shôyu), vous remplissez votre coupelle à ras bord. Quelles mauvaises manières ! La sauce soja a longtemps été un produit de luxe, il faut donc mieux remplir sa coupelle très modestement et se resservir plusieurs fois si besoin. De plus, tremper complètement son sushi dans la sauce risque de le “défaire”. Cela dénotera donc, en plus, votre méconnaissance flagrante de la manière de manger comme il se doit des sushis. Vous êtes grillé. :p

5- Se laver dans le bain

Je sens que j’en laisse plus d’un perplexe. Les japonais sont très à cheval sur l’hygiène mais ils ne se lavent pas dans le bain ? Comment est-ce possible !!!??? Tout simplement parce que le bain japonais (お風呂, o-furo) n’est pas fait pour se laver, mais pour se détendre. La règle est de se laver le plus soigneusement possible avant, souvent dans une salle de bain entièrement carrelé, avec un petit banc et des bassines. On se savonne et on se rince avec un pommeau de douche, pour ensuite aller dans une baignoire très profonde, où l’on partagera l’eau du bain avec d’autres personnes. Autant dire que tout le monde doit être bien lavé avant de profiter du bain, au risque sinon de gâcher l’eau pour tout le monde ! Il faut d’ailleurs savoir qu’il y a une “étiquette” précise pour profiter des bains publics japonais (銭湯, sentô), ainsi certains sont interdits aux étrangers pour éviter les “incidents” diplomatiques.

Voici donc 5 grandes classiques à respecter au Japon. Il en existe bien d’autres ! Sûrement pour un prochain article ! 😉